Idrissa Diallo

Idrissa Diallo est un enfant du mélange des cultures, ce qui fait sa force. Il veut développer l’industrie en Afrique. Il crée Makiti Africa, un réseau d’achat et de distribution collaboratif qui permet à des commerçants du secteur informel d’avoir accès à des produits de meilleure qualité. C’est le pont qui manquait tant à ces initiatives économiques.

Bio

Idrissa Diallo est un enfant du mélange des cultures. Né à Strasbourg, de parents guinéens, Idrissa puise ses racines en Alsace et en Guinée. Un brassage culturel qui fait aujourd’hui toute sa force, comme il aime à le rappeler. Idrissa est aussi un battant : difficile de croire qu’un brillant jeune homme, titulaire d’un master en achats internationaux, ait dû manquer deux fois son bac et le passer en candidat libre avant de poursuivre ses études. Il découvre ensuite le commerce international, côté annonceur en tant que commercial, puis côté client, chez Alstom. Idrissa met alors le cap sur les Etats-Unis pour développer l’industrie ferroviaire, une expérience extrêmement formatrice. Et cependant, il lui manque une dimension sociale, qu’il va chercher en intégrant une filiale de Total destinée à développer le secteur ferroviaire en Afrique. C’est lors de cette expérience que va avoir lieu le déclic pour Idrissa : il réalise que les fournisseurs pour qui il travaille en Europe et en Amérique du Nord ont déjà les moyens techniques nécessaires, alors qu’en Afrique il reste des édifices à construires, des emplois à créer, des industriels à épauler. Il crée Nange Energie, en 2017, afin d’accompagner les industriels guinéens dans la réduction de leur facture d’électricité, en créant des centrales solaires. Le résultat ? « Je me suis royalement planté », avoue-t-il sans détours.

Objectif :

Mais la graine est déjà plantée : Idrissa veut développer l’industrie en Afrique. Une nouvelle idée surgit alors qu’il se balade dans les rues de Conakry, la capitale guinéenne : de nombreux produits de consommation sont disponibles sur les étals et dans les échoppes, ces établissements non déclarés qui constituent le « secteur informel », mais ils sont tous de mauvaise qualité. En discutant avec les commerçants, il apprend que ces derniers aimeraient monter en qualité, mais qu’ils ne parviennent pas à s’attirer la confiance des sociétés internationales. A partir de ce constat, Idrissa va créer Makiti Africa, un réseau d’achat et de distribution collaboratif, qui permet à des commerçants du secteur informel d’avoir accès à des produits de meilleure qualité. Makiti Africa sera le trait d’union entre les commerçants et les industriels internationaux, le pont qui manquait tant à ces initiatives économiques. « D’un côté, nous auditons les fabricants, de l’autre, nous permettons aux commerçants informels de faire des économies, puis nous permettons aux industries développées d’augmenter leur chiffre d’affaires et d’améliorer leur image de marque. ». D’autant que, rappelle Idrissa, la croissance des dix prochaines années se joue en Afrique, où 50% du PIB des pays provient essentiellement du secteur informel.

Idrissa veut aller beaucoup plus loin, car son initiative est une première marche. Il fait en effet partie de la génération des « ponts » : des ponts culturels, économiques ou politiques qui peuvent enfin réellement changer la donne entre les pays émergents et les pays développés.

Il en appelle au soutien des acteurs politiques, des industriels, des PME ayant un vrai savoir-faire. Il en appelle aux talents présents en Afrique et en Europe, de ces talents hybrides pour renforcer le pont économique en industrialisant les process. Envie de faire confiance à Idrissa ? Ecrivez-lui sur makiti@makitiafrica.com.