Julie de Araujo

En tant que femme, Julie devait en faire deux fois plus pour être considérée comme étant aussi forte qu’un garçon. À travers ses expériences associatives au Refuge et auprès d’Objectif Pour l’Emploi, elle se rend compte que lorsqu’on plante une graine, elle germe inévitablement. À travers ses actions, elle tient à montrer à la société qu’il n’y a pas de garçon manqué : il n’y a que des filles réussies.

Bio

La différence, Julie de Araujo connaît : dès l’enfance, elle en a subi les conséquences dans une société qui a tendance à s’uniformiser très vite. A l’école primaire, Julie se demande pourquoi l’on demande spontanément aux petites filles si elles ont un amoureux, et hésite à dire que pour sa part, elle a une amoureuse. Un aveu difficile à faire pour cette aînée d’une famille traditionnelle, d’un père officier de police et fils d’immigré et d’une mère assistante commerciale. Elle l’ignore encore, mais cette différence va forger une personnalité forte et engagée contre toutes les formes d’injustice sociale. Elle sera soutenue par sa famille dans sa vocation pour le tennis, et constatera que le sport est un miroir de notre société : « Bien que j’aie atteint un certain niveau en tennis régional, j’avais toujours un truc en plus et un truc en moins par rapport aux garçons : un bouquet de fleurs en plus, et un chiffre en moins sur mon chèque à la fin de ma compétition ». Des faits révélateurs qui confirment son constat : en tant que femme, elle devait en faire deux fois plus pour être considérée comme étant aussi forte qu’un garçon. Parce que la société ne sait pas encore ranger les filles qui, comme Julie, ne se maquillent pas ni ne portent des talons, elle se retrouve vite dans la case du « garçon manqué ».

Objectif :

A l’IEP de Sciences Po Lyon, Julie vit deux expériences marquantes lors de son master en communication. La première grâce à une association, Le Refuge, qui propose un hébergement d’urgence temporaire et un accompagnement aux personnes LGBT exclues du domicile familial en raison de leur orientation sexuelle. Elle réalise la chance qu’elle a eue de grandir dans une famille fondée sur l’amour inconditionnel, et décide d’utiliser ses compétences pour une cause qui lui tient à cœur. Elle prend alors la responsabilité de la communication dans l’association, et mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles, afin de déconstruire les stéréotypes liés à l’homophobie. Un exercice que l’on imagine difficile, à raison : au collège, les élèves n’ont pas toujours les mêmes priorités. Mais l’expérience est révélatrice, et Julie se rend compte que lorsqu’on plante une graine, elle germe inévitablement.

Commence alors la seconde expérience marquante : Julie rejoint l’association Objectif pour l’emploi. Elle s’y occupe de l’orientation professionnelle des femmes, avec un fort engagement pour faire des filles accompagnées les ingénieures et les techniciennes de demain. C’est ainsi que le projet Ell’oweb voit le jour au sein de l’association : le programme cible des lycéennes et les initie tous les mercredis au langage informatique et aux métiers liés à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et aux nombreuses filières du numérique. Les filles sont marrainées par des professionnelles du secteur.

Aujourd’hui, après 30 lycéennes sensibilisées, Julie veut aller plus loin. Elle en appelle aux volontés publiques et privées, aux professionnelles du numériques prêtes à témoigner dans les collèges. Pour prouver à la société qu’il n’y a pas de garçon manqué : « il n’y a que des filles réussies ».