Khaled Al Mezayen

Pourquoi nous ne buvons pas tous la même eau ? Lors d’une expérience, ce docteur en pharmacie s’aperçoit que l’eau peut être filtrée grâce à un procédé sans additif chimique, à coût zéro. Il crée donc Inovaya avec un mot d’ordre : rendre les gens autonomes. Et, grâce à la technologie, faire en sorte que l’accès à l’eau ne soit plus une option, mais un droit.

Bio

Khaled est le fruit d’un mélange de cultures et d’histoires : né en Roumanie, de parents roumains et syriens, il concentre à lui seul les liens parfois complexes entre l’Europe et ses voisins. Après avoir fréquenté le lycée de Damas, rattaché à l’académie de Lyon, Khaled devient Business developper international dans une société de compléments alimentaires. EN 2012, il décide de partir en mission humanitaire dans un camp de réfugiés syriens. « Ce sera la plus grosse claque de ma vie : j’ai compris que je ne servais absolument à rien », affirme-t-il. Et pour cause : Khaled attend tous les jours la citerne d’eau avec les réfugiés pour avoir une chance de se désaltérer. La prise de conscience ne tarde pas, et les « pourquoi » s’enchaînent dans son esprit. Pourquoi nous ne buvons pas tous la même eau. Pourquoi certains d’entre nous vivent au milieu de bouteilles vides. Pourquoi tant de personnes dépendent toute leur vie d’une pseudo-aide humanitaire. A l’assistanat, Khaled préfère l’action. « Imaginez que l’on vous force à partir de chez vous, pour atterrir dans un endroit où vous n’êtes pas le bienvenu, et où vous n’avez même pas la dignité de manger ou de boire tranquillement sans vous soucier de tomber malade ».

Objectif :

En 2017, Khaled retourne en Roumanie et crée une entreprise de compléments alimentaires pour animaux. Il crée une serre hydroponique dans laquelle, avec son équipe, il fait pousser de l’herbe fourragère. C’est lors de cette expérience qu’il s’aperçoit que l’eau peut être filtrée grâce à un procédé sans additif chimique, à coût zéro : la première manifestation de sa prise de conscience.

Convaincu, Khaled quitte son travail et se consacre au projet avec un ami. Malheureusement, la réalité est d’abord impitoyable : « L’innovation a besoin d’argent, l’argent implique le recours aux investisseurs, et les investisseurs prennent le contrôle » : c’est ainsi que Khaled résume la manière dont il a perdu le contrôle de sa société, qui a vite perdu le sens de sa mission. Il emporte donc son idée – et des amis – avec lui, et ensemble, à Lyon, ils créent Inovaya. Proche des centres d’affaires de Paris et des centres de décision de Genève, Lyon se révèle la ville idéale pour mener le projet à bien. L’enseignement que Khaled tire de son premier échec est qu’il ne faut pas tomber amoureux de sa solution, mais de son problème : c’était à lui et à son équipe de s’adapter à la problématique de l’accès à l’eau, en s’attaquant à sa source. Avec un mot d’ordre : rendre les gens autonomes.

« Aujourd’hui », rappelle-t-il, « 80% des eaux usées dans le monde sont rejetées dans la nature sans être traitées. Pourquoi ne pas proposer aux industriels de traiter leur eau avant de la rejeter ? »

Inovaya a à présent six mois d’existence, et si son créateur ignore l’aboutissement du projet, il nourrit l’intime conviction que celui-ci a du sens et ne peut que fonctionner. Pour une raison simple : il vise à sortir de la logique d’assistanat, qui consiste à traiter uniquement les symptômes d’un problème, et qui s’attaque aux fondements de celui-ci. « Nous nous appelons Guillaume, Justine, Stéphane, Olivier, Viêt-nam, Anna. Nous ne sommes ni un énième producteur de filtre ou de pompe à eau, ni un bureau d’étude ni des charlatans, mais des êtres humains qui ont envie de se surpasser ».  La mission d’Inovaya se résume en une phrase : grâce à la technologie, faire en sorte que l’accès à l’eau ne soit plus une option, mais un droit.