Martin Leclercq

Avec son équipe de choc, Martin veut transmettre son amour de l’apprentissage aux personnes qui ont atteint ce que l’on appelle si injustement le troisième âge, et prouver que c’est un âge où tout est encore possible, où les nouveaux départs prennent tout leur sens.

Bio

Martin nourrit une passion sans bornes pour les séries de science-fiction : la technologie du futur, les failles temporelles et les robots n’ont donc aucun secret pour lui. Plus que cela, il incarne au quotidien sa passion, tel un Martin Matin adulte : chaque matin, il se lève et effectue plusieurs métiers différents, le tout sans faire de burn-out. Son secret ? L’amour de l’apprentissage, une formidable capacité à s’adapter au changement et à créer. Martin a créé une agence de développement de sites web, Akumo, et il accompagne les entreprises dans leur transition numérique.

Objectif :

Mais l’incroyable énergie de Martin a trouvé un canal social : la formation des personnes âgées, des  « aînés », comme il les appelle affectueusement, au numérique. Avec son équipe de choc, Martin veut transmettre son amour de l’apprentissage aux personnes qui ont atteint ce que l’on appelle si injustement le troisième âge, et prouver que c’est un âge où tout est encore possible, oiù les nouveaux départs prennent tout leur sens. Même s’il a dû travailler la notion de travail collaboratif, les relations humaines n’étant pas son fort, Martin puise sa force dans les avantages du reverse mentoring. « Le reverse mentoring, c’est quand les jeunes apprennent aux anciens ». C’est la naissance de Papimamie Digital : un organisme de formation destiné à relancer les aînés grâce au numérique.

C’est finalement Martin qui apprend le plus grâce à cette expérience. Il apprend, par exemple, que les belles-mères peuvent être très cool, cassant le mythe de la belle-mère, puisque c’est la sienne qui l’a poussé à créer sa plateforme. Il apprend également qu’entreprendre est une suite de péripéties qui constituent la trame fictive ou réelle de la vie de nombreuses personnes. Un long fleuve pas du tout tranquille, fait d’obstacles et de succès. Tout en aidant ses aînés à se frayer un chemin entre les câbles Ethernet, Martin fait de belles rencontres : celle de Monia, mamie algérienne de soixante ans, qui commence par prendre la souris à l’envers. « Je me suis dit : il y a du boulot », se souvient-t-il avec humour. Puis Monia apprend à fermer la fenêtre de Windows sans cliquer à côté, et au troisième cours, elle vient en cours avec un ordinateur acheté en brocante. Un moment d’émerveillement pour Martin. « Ce qui est beau dans mon aventure, c’est que ma série à moi est réelle », souligne celui qui aide les personnes âgées à dépasser leur peur du digital et de la technologie.  

Plus qu’un organisme d’acquisition de compétences, Papimamie digital est un moyen, pour Martin, de prévenir la fracture numérique qui menace la société à l’horizon 2030 : « une grande part de notre société sera perdue dans la mer des codes, et ce n’est pas une fracture que l’on fixe avec de la Patafix ». Une fracture sociale, voire familiale, puisqu’avec nos vies mobiles, les anciens restent connectés à leurs proches grâce aux outils de messagerie. A travers un apprentissage ludique, Martin aide nos aînés à insérer des rappels pour leur prise de médicament dans leur smartphone et constate que même quand certains râlent, ils reviennent dans la formation. Comme Chistiane, qui clame détester l’informatique et revient quand même depuis deux ans. C’est pourquoi, convaincu que l’on peut apprendre à tout âge, Martin a formé et forme de nombreuses personnes âgées qui ont « sacrément la patate » et qui savent monter un site internet. Martin compte changer la vision que les aînés ont du numérique, car il y a urgence : l’enjeu est si important que l’initiative de Martin se passe facilement de slogan.